Le début de la fin de Bad Dreams Justice !

 

Bonjour à tous ! Voici le sixième chapitre de Bad Dreams Justice, qui apporte le grand final de cette belle aventure ! J’espère qu’il vous plaira, et je tiens à remercier chacune des personnes ayant suivi ce roman, c’était très agréable d’obtenir vos retours et de vous voir attendre la suite impatiemment.

 

 

Un indice sur la suite ?

 

En fait, ce sixième chapitre ne clôture pas l’histoire en soi : je vous donne rendez-vous mardi pour l’épilogue, qui apportera la conclusion de l’histoire. En attendant, profitez bien de ce chapitre, il a eu de nombreuses retouches avant que je le considère prêt à être publié !

 

Bonne lecture, et à mardi pour l’épilogue !
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Bad Dreams Justice – Chapitre 6

 

Toc toc toc.

Nox attendit devant la chambre de Cater, mais celle-ci ne répondit pas. Il se décida alors à aller en cuisine. Il marcha pensivement. Que voulaient dire les Agents par « Tout risque de finir plus vite que prévu » ? Il était évident que les Agents ne dévoilaient pas les enjeux réels de la BDJ. Nox avait évolué assez longtemps au sein de la Brigade pour le savoir : ce qui se décidait au plus haut niveau était bien souvent assez différent de la vision qu’on en avait en bas.

Or, la Bad Dreams Justice était une unité relativement restreinte, et assez détachée de l’influence des autres institutions. Même si elle entretenait des relations étroites avec le MI6, la CIA, le FBI ou encore la Brigade, elle semblait plutôt libre de ses actes. Mais l’objectif des Agents n’était pas clair. « Faire le Bien dans le monde », ça sonnait tout simplement trop beau. Sans douter de la bonne volonté des Agents, tout ceci commençait à l’inquiéter un peu. Les choses évoluaient trop vite et de manière trop perpétuelle pour que cela ne dissimule pas un enjeu colossal.

Triant tout ça mentalement, Nox arriva finalement en cuisine, où il retrouva Cater. Elle paraissait reposée, la nuit de sommeil lui avait réussi. Elle le salua avec entrain :

« Bah c’est pas trop tôt ! Alors comme ça on est du genre à laisser les femmes faire la cuisine ? Je m’attendais à mieux de ta part, pff ! »

Devant le manque de réaction de Nox, qui ne savait que répondre, elle reprit :

« Hey, c’est une blague hein. Tout va bien ? T’as pas l’air dans ton assiette.

–          Un peu fatigué, répondit Nox.

–          Faut dormir la nuit, en plus t’as lambiné toute la matinée ! Allez, je m’en vais te secouer les puces, moi ! », lança-t-elle en lui envoyant une pomme de terre qu’il rattrapa de justesse.

« A midi c’est frites ! J’espère que ça te convient. Allez allez, lave-toi les mains et épluche-moi tout ça, il en faut au moins deux par personnes ! »

Nox s’exécuta : il se lava les mains, les essuya, et s’empara d’un économe en vue de dépecer les pommes de terre sélectionnées par Cater.

Alors qu’il s’apprêtait à passer à l’action, son téléphone sonna. Avec un sourire gêné envers Cater, il sortit son téléphone de sa poche, et regarda le nom de l’appelant : c’était monsieur Imber, ce qui ne manqua pas de le surprendre. Il répondit :

« Oui, monsieur Imber ? Que se passe-t-il, j’ai reçu un colis ?

–          Non, pas cette fois, écoutez, ce n’est pas facile mais… »

La voix de monsieur Imber était tremblotante. Ce dernier poursuivit :

« Voilà, je crois que votre appartement a été cambriolé. J’ai voulu vous prévenir avant d’appeler la police, pour peu que vous vouliez venir voir par vous-même. »

Encaissant la nouvelle, Nox se demanda ce qu’on pouvait bien vouloir dérober chez lui. Il pensa toutefois à quelques dossiers de la Brigade dont il ferait mieux de vérifier la présence.

« Ecoutez, n’appelez pas la police, je vais venir constater ça moi-même, et je ferai les démarches si nécessaire. Pour le moment, restez en sécurité, et prenez soin de vous. Merci de m’avoir prévenu monsieur Imber. Je pars immédiatement.

–          D’accord, eh bien, je serai chez moi lorsque vous arriverez, n’hésitez pas à passer me voir si je peux aider à quoi que ce soit. »

Nox le remercia une dernière fois, et raccrocha.

« Tu dois partir ?, lui demanda Cater qui n’avait rien perdu de ce que disait Nox au téléphone.

–          Mon ancien appartement a été cambriolé. Il faut que j’aille vérifier que certaines choses sont bien à leur place.

–          Je viens avec toi, dans ce cas. Je déteste manger seule. »

Ne sachant que répondre à cet argument qui sonnait infaillible, Nox se dirigea vers l’extérieur. Arrivé au hall d’entrée avec Cater à ses trousses, Nox croisa un Agent. Il lui expliqua le plus rapidement possible :

« Mon ancien appartement a été cambriolé. Il faut que j’aille vérifier si quelques dossiers liés à la Brigade qui étaient restés chez moi sont toujours là.

–          Je comprends. Permettez-moi de vous accompagner. S’il s’agit d’un coup de Vyper, j’aimerais chercher à repérer une éventuelle signature temporelle, de lui ou de son potentiel complice. »

Nox acquiesça de la tête, et ils se mirent en route.

 

***

 

Parvenus à son immeuble, ils sortirent de la voiture et se dirigèrent vers son appartement, au cinquième étage. Ils trouvèrent la porte grande ouverte, et ils entrèrent un par un dans le logement. Nox se sentait tendu. La main sur le pistolet à sa ceinture, il avança doucement en tête de file. Tout était sens dessus dessous, et le sol était jonché de papiers et autres fournitures autrefois rangées soigneusement.

Après qu’ils eurent fait le tour de l’appartement sans croiser personne, l’Agent déclara :

« Je vais aller voir dans les parages si je repère quoi que ce soit. Si besoin, appelez-moi en criant. J’arriverai dans la seconde. »

Il sortit alors, laissant Nox et Cater seuls. Nox entreprit de vérifier si les dossiers relatifs à la Brigade étaient encore là. Après quelques minutes de recherche, il les trouva effectivement au sol, à peu près là où ils étaient rangés.

« Tu as trouvé ce que tu cherchais ?, demanda Cater, troublant le silence qui s’était imposé.

–          Oui, tout est là. Rien n’a fondamentalement bougé, en fait. »

En finissant cette phrase, il entendit un bruit dans le couloir. Monsieur Imber apparut alors dans l’ouverture de la porte :

« Bonjour Andrew… Désolé de vous revoir dans ces circonstances. »

Cater tiqua à son approche, regardant Nox d’un air interrogatif. Il lui fit un clin d’œil discret.

« Pas facile d’avoir trente-six noms d’emprunt, décidemment », pensa-t-il.

« Bonjour monsieur Imber. J’imagine que les quartiers deviennent moins sûrs, en ce moment. Vous avez vu ou entendu quelque chose en particulier ?

–          Non, je n’étais pas là lorsque cela s’est produit. Quand je suis rentré chez moi, j’ai vu la porte grande ouverte, et j’y ai entrevu l’état des lieux. C’est alors que je vous ai appelé. Vous a-t-on dérobé quelque chose d’important ? »

Nox balaya une fois de plus du regard l’appartement dévasté. Quelque chose sonnait faux dans cette scène, mais il n’arrivait pas à dire quoi. Il zieuta Cater, qui avait le regard braqué sur monsieur Imber. Il répondit à ce dernier :

« Non, pas vraiment. »

Monsieur Imber laissa échapper ce qui s’apparentait à un soupir de soulagement, et mit ses mains sur ses hanches.

Nox poursuivit :

« En fait, c’est vraiment bizarre qu’il ne manque rien… »

Pendant ce temps, monsieur Imber se gratta la tête, et fit mine de chercher quelque chose dans les poches intérieures de sa veste. Nox continuait :

« C’est comme si l’unique motif de ce cambriolage… »

Monsieur Imber sortit finalement de sa poche l’objet qu’il cherchait. Nox acheva sa phrase :

« …avait été de nous faire venir ici. »

A peine ces quelques mots étaient-ils sortis de sa bouche qu’il vit Cater bondir sur monsieur Imber. Trop tard.

« Je suis désolé, Andrew. »

Monsieur Imber appuya sur son détonateur. Une explosion retentit au-dessus d’eux, provoquant un éboulement. Partout, des morceaux de roches tombaient. Cater fut projetée au sol, et alors que Nox tentait de la rejoindre pour l’extirper des gravats, le sol se déroba sous ses pieds et il fut envoyé à l’autre bout de la pièce. Il hurla à travers la poussière :

« Imber, enfoiré ! C’est toi qui es derrière tout ça depuis le début ? C’est toi qui as engagé Vyper ? »

Il perçut enfin Imber quelques mètres plus loin. Ses yeux étaient grand ouverts, et affichait une terreur sans nom. Un couteau était venu transpercer son corps, et ressortait de son ventre, créant peu à peu une mare de sang à ses pieds.

« C’est moi, le commanditaire. Ne t’ai-je pas déjà dit que personne ne pourra me doubler, Antoine ? Ou plutôt, Mikhail. Ou encore Andrew ? Il me semble que maintenant, c’est Nox, c’est ça ? »

Le couteau se retira du corps de monsieur Imber, qui tomba lourdement au sol. Vyper apparut devant Nox. Lentement, pas après pas, d’un air très sûr de lui, il se dirigeait vers Cater, brandissant son couteau en avant.

« Non, laisse-la ! », cria Nox en tentant de se sortir des débris qui le bloquaient.

Il vit Cater tendre la main vers lui, en l’appelant :

« Nox… Nox… »

Ses yeux se révulsèrent, et elle fut comme parcourue par un électrochoc. Des larmes se mirent à couler le long de ses joues, et elle cria :

« Laisse-moi, va-t’en, vite ! Fuis ! »

Vyper rit, tandis que Nox réussissait à se relever difficilement. Vyper n’était plus qu’à quelques pas d’elle. Nox lui répondit :

« Non, je t’abandonne pas ! Vyper ! C’est entre toi et moi ! Fous-lui la paix ! »

Mais le sol continuait à se dérober autour de lui, et il peinait à garder l’équilibre et à les distinguer avec toute la poussière que l’effondrement du bâtiment faisait tournoyer. Il entendit la voix de Cater percer le brouhaha :

« Nox, pars ! Maintenant ! J’ai vu les conséquences si tu ne pars pas ! Arrête de jouer les héros ! Au nom du Futur, je t’en conjure ! »

A ces mots, Nox explosa intérieurement. Il ne pouvait refuser cet ordre. Tournant les talons, il se mit à courir vers la fenêtre la plus proche, tout en regardant derrière lui. Ce qu’il vit l’horrifia : Vyper planta froidement la lame de son couteau dans le corps bloqué de Cater, tout en regardant Nox avec un sourire vainqueur. Nox hurla à la mort, et, surpris par un rocher qui tomba devant lui, il trébucha et se planta dans un tas de gravats.

Il ferma les yeux. C’en était fini de lui. Une fin ridicule. Après avoir tué Cater sous ses yeux, Vyper allait l’assassiner lui, et il ne pourrait rien y faire.

Soudain, des bruits de coups échangés lui parvinrent. Il entendit remuer des gravats, et se retrouva lui-même soulevé. Il rouvrit les yeux.

L’Agent était revenu, et avait débloqué Cater, emportant son corps jusqu’à Nox. Une lumière verte jaillit de l’Agent, qui s’exclama :

« Je suis revenu aussi vite que j’ai pu. En me voyant, Vyper a profité de la confusion pour détaler. »

Un énorme rocher tomba sur le dos de l’Agent, qui encaissa le coup en grimaçant. Il saignait de la bouche, et avait l’air mal en point. Il poursuivit néanmoins :

« Ce n’était qu’une diversion. Vyper va sans doute en profiter pour attaquer le quartier général maintenant. Retourne au Hive avec Cater. Je lui transmets ce qu’il me reste de mon énergie vitale. Elle survivra, mais tu devras la placer dans une des capsules de soin. Elles sont situées au dernier étage, dans la salle à côté de la salle de direction.

–          Et vous ?

–          Moi, je suis en train de mourir. Tu te doutes qu’on ne peut pas empêcher la mort de quelqu’un gratuitement. L’autre Agent t’attendra au Hive. Vous continuerez sans moi. Rentrez en vie, c’est un ordre. »

Sans attendre l’avis de Nox sur la question, il saisit les deux héritiers de pouvoir d’une main chacun, et les propulsa vers la fenêtre.

 

***

 

Nox et Cater chutèrent du cinquième étage. En vol, Nox fonça en piquet pour attraper Cater. Il vit l’immeuble s’effondrer sur lui-même, dans un torrent de flammes et de cendres. Si l’Agent les avait probablement sauvés, ils allaient toutefois s’écraser au sol.

Soudain, leur descente parut plus lente. Ils approchèrent finalement du bitume assez doucement pour y atterrir convenablement. C’est alors que Nox remarqua la voiture au milieu de la route qui les attendait : Narsus y était perché à la fenêtre, et venait de ralentir le temps sur la zone de leur chute.

« Montez ! », leur cria-t-il sans réaliser que Cater était inconsciente. En la tenant fermement dans ses bras, Nox fit monter Cater à l’arrière de la voiture, et s’y engouffra à son tour.

La voiture démarra aussitôt. Remarquant l’identité du conducteur à côté de Narsus, Nox cligna des yeux pour être sûr qu’il n’hallucinait pas : c’était Phill ! Alors que celui-ci manœuvrait pour fuir le quartier le plus vite possible, Nox exigea des explications :

« Quelqu’un pourrait m’expliquer ce qu’il se passe, bon sang !? »

Narsus ouvrit la bouche pour répondre, mais ce fut Phill qui prit la parole :

« La Brigade et la Bad Dreams Justice ont été attaquées simultanément. La Brigade a subi de nombreuses pertes. Will, ainsi que Wiland, le directeur, sont tous les deux morts au combat. Je suis donc temporairement au commandement de la Brigade. Nos informations indiquent que Vyper serait en train de se diriger vers le quartier général de la Bad Dreams Justice. Où est passé l’Agent qui était avec Cater et toi ? »

Nox marqua un moment de blanc, le temps d’encaisser le coup. Will et Wiland étaient morts. Son poing se serra, et il sentit la rage bouillonner en lui. Il répondit à Phill :

« L’Agent avec nous est décédé. Il s’est sacrifié pour maintenir Cater en vie, et m’a demandé de la placer dans une capsule de soin du Hive.

–          Le Hive ?, demanda Phill.

–          Le QG de la BDJ, expliqua Narsus.

–          Je vois. C’est là que nous allons de toute façon », répondit Phill.

Nox tenta de reprendre son sang-froid, et demanda :

« Que va-t-on faire au Hive, au juste ? C’est quoi le plan pour éliminer Vyper ? Et qu’est-ce qu’il cherche à faire, à la fin ?

–          Tu as déjà entendu parler de la Fin du Temps, par les Agents ? », demanda Narsus.

Nox tiqua. Il en avait déjà entendu parler, mais par Vyper, et dans un rêve. Que pouvait bien savoir Narsus là-dessus ?

« Pas par les Agents, mais j’en ai déjà entendu parler, oui. Même si je ne sais pas vraiment de quoi il s’agit, répondit Nox.

–          Il s’agit d’un phénomène prophétisé depuis une époque antérieure à la création de la Bad Dreams Justice. C’est la raison qui a provoqué la création de la Bad Dreams Justice, et pour laquelle les Agents sont là à réunir les personnes dotées de pouvoirs temporels : tenter d’empêcher la Fin du Temps. »

Sans réponse de la part de Nox, Narsus continua :

« Lorsque nous avons trouvé Lina, elle était morte. J’ai regardé son pouls, et elle n’en avait pas. Juste après, l’Agent a produit une étrange lumière, et elle avait de nouveau un pouls. Je pense ne pas me tromper en affirmant que les Agents avaient besoin d’elle.

–          L’Agent a sauvé Cater de la même façon, en produisant une lumière verte. Il m’a dit lui avoir insufflé son énergie vitale. Mais quel rapport avec la prophétie dont tu parles, et la Fin du Temps ? Et comment tu sais tout ça ?

–          A mon arrivée à la BDJ, j’ai pas mal fouillé dans les archives et les dossiers confidentiels. Au lieu de me punir lourdement pour ça, les Agents m’ont nommé chef de l’unité, juste en-dessous d’eux. Une façon d’engager un lien de confiance entre eux et moi. La prophétie de la Fin du Temps raconte qu’un jour, l’accumulation de modifications temporelles due aux possesseurs de pouvoirs finira par causer une fracture dans le Temps, menant à l’arrêt pur et simple de l’écoulement du Temps. », racontait Narsus.

« C’est exactement comme ce que décrivait Vyper dans mon rêve. », pensa Nox.

Narsus poursuivit :

«  Si la prophétie raconte la Fin du Temps, elle indique toutefois qu’un petit groupe de possesseurs de pouvoirs pourra stopper le phénomène, et rétablir la courbe du Temps. Le problème, c’est qu’elle n’indique pas comment. On va donc devoir affronter Vyper avant de définir la marche à suivre. »

Son récit terminé, Narsus se pencha alors en arrière, vers Cater. Il posa la main sur sa blessure, et ferma les yeux. Une lueur blanche jaillit de la paume de sa main : il utilisait la dégénérescence temporelle pour ralentir le temps là où les cellules mouraient. Au bout de quelques secondes, cependant, il retira sa main, l’air nauséeux.

« Elle devrait pouvoir tenir jusqu’à ce qu’on la mette dans la capsule de soin, déclara-t-il. Tu devrais trouver de quoi panser sa blessure dans la petite mallette à ses pieds. Par précaution. »

Nox s’exécuta. Après avoir appliqué un solide bandage sur la plaie béante, il regarda Cater, passant une main sur son visage.

« Ne meurs pas, s’il-te-plaît. Je t’interdis de partir. »

Ils arrivèrent au Hive. Le bâtiment était en feu par endroit, et de la fumée s’en échappait. L’Agent gisait au sol, tandis qu’une masse noire émanait du toit.

 

***

 

Phill fit un dérapage et s’arrêta juste devant l’entrée. Ils sortirent de la voiture, et Narsus répartit les rôles :

« Nox, tu vas voir l’état de l’Agent. Phill, tu conduis Cater dans la capsule de soin. Dernier étage, à côté de la salle de direction. Moi, je vais voir si Jugo va bien. »

Ils se séparèrent. Nox se dirigea vers l’Agent, qui était toujours vivant.

« Eh, vous allez survivre ? Que s’est-il passé ici ? », demanda Nox en observant l’Agent. Son corps était couvert de blessures. Il avait dû mener un rude combat.

« Nox… Ecoute-moi bien… Vyper est sur le toit, en train de se battre avec Jugo. Mais ce n’est pas le plus important. Ecoute, Vyper possède des pouvoirs temporels qui dépassent l’entendement. Il peut concentrer le temps sur un espace cible, jusqu’à déformer l’espace même, et le faire exploser.

–          Alors ce qu’on voit là-haut c’est… une sorte de trou noir ? Vous n’êtes pas sérieux !

–          Ne m’interromps pas, je n’ai plus beaucoup de temps. Il existe une prophétie…

–          Je sais, Narsus m’en a parlé. La Fin du Temps, c’est ça ? Comment on l’arrête ? Et que vient faire Vyper dans tout ça ?

–          Ah, il t’en a parlé… Tant mieux… Le but de Vyper, c’est d’assurer l’accomplissement de la Fin du Temps. Pour cela, il cherche à éradiquer la Bad Dreams Justice. Or, si tu ne sais pas comment on arrête la Fin du Temps, c’est parce que Narsus ne connaît pas la prophétie dans son intégralité. C’est toi, la clé. »

Alors, il se mit à réciter :

« Lorsque les héros seront endormis, l’homme rêveur transcendera la réalité, et viendra à bout du néant. Alors, à son réveil, la balance du Temps s’équilibrera à nouveau, et l’Histoire reprendra.  »

Nox accusa le coup. Il sentait le poids des responsabilités peser tout à coup sur ses épaules, sans avoir rien demandé.

« L’homme rêveur… », songea-t-il.

Lui, sauver le monde ? Mais l’Agent continua :

« Lorsque les héros seront endormis, ça signifie que vous, les possesseurs de pouvoirs, devez vous rendre dans les capsules de régénération. Elles vous placeront dans un état de sommeil artificiel, et la prophétie se réalisera. Réunir les possesseurs de pouvoirs et les placer dans ce sommeil artificiel, c’est ce que nous, Agents, appelons la contre-mesure. C’est la seule façon d’empêcher la Fin du Temps.

–          Et quand sortira-t-on de ce sommeil artificiel ?

–          Je n’en ai aucune idée. Cependant, selon la prophétie, le Temps se réparera de lui-même lorsque vous vous réveillerez. Cela signifie que vous ne resterez pas endormis indéfiniment, si c’est ce qui t’inquiète. Thunder, Cater, Narsus, Lina et toi, vous vous en sortirez.

–          Lina ? Elle est vivante !?

–          Oui. Nous l’avons placée en sommeil artificiel à l’échec de l’opération Sibi. Pour faire croire à l’ennemi que ses plans avaient fonctionné, nous avons simulé sa mort. Mais elle devrait être sur pied d’ici peu. La capsule de soin agit même si la personne est en sommeil artificiel.

–          Et Jugo ? Vous ne l’avez pas cité. Pourtant, il possède un pouvoir aussi !

–          Jugo n’est pas concerné par la prophétie. Il aurait dû mourir il y a longtemps. Son instabilité montre bien qu’il n’est plus censé exister. S’il est encore ici, c’est par la volonté profonde qu’il a de jouer son rôle, quitte à donner sa vie. »

Nox ne put retenir la larme qui coula sur sa joue, alors qu’il bouillonnait intérieurement. L’Agent termina son récit :

« Nous, Agents, avons été créés par d’anciens membres de la Bad Dreams Justice, dans le but de repérer et guider les possesseurs de pouvoir. Notre métabolisme était optimisé pour résister à l’épreuve du Temps, et cela fait des décennies que nous agissons en espérant prévenir ce moment-là. Maintenant, tout repose sur vous, les héros. Je t’ai dit tout ce que je savais. Alors, vas-y. Je m’en remets à toi. C’était un plaisir de faire ta connaissance, héros rêveur. »

Avant que Nox n’ait pu réagir, l’Agent ferma les yeux, et son visage se détendit. Il avait un air…

« …apaisé », songea Nox.

Se relevant, Nox regarda vers le toit :

« J’arrive, Jugo. Tiens bon, je t’en prie. »

 

***

 

Alors qu’il pénétrait dans le hall d’entrée du Hive, Nox vit Phill et Narsus sortir de l’ascenseur. Ce dernier s’exclama :

« Nox ! Phill revient de la salle de soin, il a placé Cater dans une capsule. J’avais raison sur mes doutes quant à Lina : elle n’est pas morte, elle est elle aussi dans une capsule de soin !

–          Je sais, l’Agent m’a mis au courant, répondit Nox.

–          Comment va-t-il ?, demanda Phill.

–          Il n’est… plus de ce monde, expliqua Nox.

–          Je vois… De mon côté, je n’ai pas trouvé Jugo dans sa cellule. L’Agent t’a dit quelque chose à son sujet ?, interrogea Narsus.

–          Oui, Jugo est sur le toit, en train de se battre contre Vyper.

–          Alors il n’y a pas un instant à perdre !, s’écria Narsus.

Nox lui saisit l’épaule, et s’exclama :

« Attends ! L’Agent m’a expliqué comment fonctionne la prophétie, et comment empêcher la Fin du Temps. Il faut aller dans la salle de soin, et nous plonger en sommeil artificiel. Je… Je sais que c’est difficile à croire, mais dans ces conditions, je devrais être en mesure de gérer la situation.

–          Tu te fous de moi ? Il faut venir en aide à Jugo, sans plus attendre !, s’énerva Narsus.

–          Narsus ! Vyper peut générer des trous noirs ! Même à quatre, on a aucune chance contre lui. Je n’imagine même pas les efforts que Jugo doit fournir pour lui tenir tête en ce moment même ! La seule chose qu’on peut faire pour lui venir en aide, c’est faire ce qu’a indiqué l’Agent, en espérant que ça marche, et vite !, rétorqua Nox.

–          Parce que tu crois qu’on peut faire confiance aux Agents ? Regarde où ça nous a menés ! On a suivi leurs directives, et pourtant, aujourd’hui ils sont morts, Nox ! Et nous le serons tous bientôt si nous ne venons pas en aide à Jugo de suite !, s’entêta Narsus.

Nox sentit la rage monter en lui. Ils perdaient du temps. Il déclara :

« Très bien, dans ce cas, tu ne me laisses pas le choix…

–          Tu veux te battre, Nox ? Je te préviens, si c’est le prix à payer pour vous protéger tous…

–          Non. Je veux juste te demander de croire en moi. Au nom de nos amis qui ont souffert. Au nom des Agents, morts pour notre cause. Au nom de Jugo, qui nous fait gagner un temps précieux en combattant en ce moment même. Au nom du Futur. Je t’en conjure. »

Ces derniers mots eurent l’effet estompé.

« La marque de confiance ultime au sein de la Bad Dreams Justice, hein ? Pfff… »

Avant qu’il puisse continuer, Phill asséna un grand coup sur la nuque de Narsus, qui tomba K.O. Nox n’en crût pas ses yeux :

« Mais, Phill ! Il s’était enfin résigné !

–          On en était pas sûr, et cela s’éternisait, nous perdions un temps précieux. Amenons-le dans la salle de soin. J’espère qu’il ne m’en voudra pas à son réveil.

–          Ça, il fallait y penser avant ! »

Ils se dirigèrent vers la salle de soin, au dernier étage. L’endroit était sombre. Nox y vit les différentes capsules de soin. Thunder, Cater et Lina étaient là, chacun dans une capsule, comme endormis.

Ils placèrent Narsus dans une capsule, et Nox s’adressa à Phill :

–          Il va falloir que tu me places sous sommeil artificiel, moi aussi.

–          Tu sais ce qui va se passer, après ?

–          Je n’en ai pas la moindre idée. Mais les Agents ont toujours su ce qu’ils faisaient. Je suis sûr que tout se passera bien.

–          Très bien. On compte tous sur toi, même s’il ne reste que moi pour le dire. Bonne chance, Mikhail.

Nox lui sourit, et, avant que la capsule se referme sur lui, il lui répondit :

« C’est Nox, maintenant. »

Phill lui retourna son sourire, et dit pour lui-même :

« Bonne chance, Nox. Je suis ravi que tu aies enfin trouvé ta voie. »

 

***

 

Nox ouvrit les yeux. Il faisait tout noir autour de lui. Il regarda ses mains, qui lui parurent luisantes. Il tenta d’écrire le mot « BASE » devant lui. Les lettres apparurent en l’air, d’une lumière scintillante. Il tenta de se rappeler ce qu’il avait fait cinq minutes plus tôt, mais rien ne lui vint à l’esprit. Il se concentra pour faire travailler ses différents sens, et n’entendit aucun bruit, ni ne sentit aucune odeur, tandis qu’autour de lui, un voile noir semblait s’étendre jusqu’à l’horizon.

Il fit quelques pas en avant. Un chemin, tracé de deux bandes lumineuses, guidait son avancée. Il arriva bientôt à un banc, à côté d’un lampadaire. Un vieillard était assis sur le banc. Il ressemblait trait pour trait au personnage qui avait tant énervé Nox dans un de ses rêves précédents.

Nox alla à la rencontre du vieillard, et lui demanda s’il pouvait s’assoir à côté de lui. Le vieil homme acquiesça de la tête. Nox lui demanda alors s’il se souvenait de lui, ce à quoi l’homme acquiesça à nouveau.

« Je vous prie de m’excuser pour mon comportement la dernière fois. C’était très présomptueux de ma part. », s’excusa Nox.

Pour seule réponse, l’homme lui adressa un léger sourire. Nox reprit :

« Cette fois, est-ce que nous pourrions discuter ?

–          Non. », répondit le vieillard.

Nox ne comptait pas en rester là. Il insista :

« Mais vous êtes une partie de moi-même, et j’ai besoin de savoir comment arrêter la Fin du Temps. Si vous me refusez votre sagesse, comment voulez-vous que j’évolue ? »

A ces mots, le vieillard se tourna vers lui.

« D’accord. », dit-il simplement.

Il plaça ses mains autour de la tête de Nox, et ce dernier sentit un flot de pensées incroyable se déverser en lui.

Le rêve commença à plonger dans une obscurité plus profonde qu’auparavant. Nox entendit la voix du vieillard raisonner dans sa tête :

« Tu dois réaliser qui tu es. »

Le rêve continuait à se disloquer, mais Nox garda son calme.

« Je dois réaliser qui je suis… », songea-t-il.

Soudain, la réponse lui parut évidente :

« Je suis Nox. Je suis la nuit. Je peux voir à travers elle. Je peux percer la nuit. »

La voix du vieillard se fit entendre à nouveau :

« C’est ça… C’est ça, la bonne réponse. »

Le rêve s’effondra tout autour de lui. Nox ferma les yeux, et imagina le décor fondre autour de lui pour devenir réalité.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, il était dans la salle de soin.

 

***

 

Phill sursauta lorsque apparut devant lui une silhouette d’un bleu scintillant.

« Nox, c’est toi ? », demanda-t-il.

Nox acquiesça de la tête.

« Ça alors. C’est incroyable, tu es pourtant toujours là, dans la capsule de soin ! »

Nox flotta en direction de la capsule, et se vit effectivement en train de dormir. Toute sa vision était très sombre, mais d’une obscurité chaleureuse, presque familière. Phill lui apparaissait sous la forme d’un contour bleu scintillant.

« Je dois rejoindre Jugo, maintenant. Reste là, et veille sur nous. Je vais essayer de faire vite.», expliqua Nox.

Sans attendre de réponse, il ferma les yeux. Il visualisait ses amis là, avec lui.

« On vient avec toi », expliqua Cater.

« Je me vengerai de Phill une fois tout ça fini », plaisanta Narsus.

« Allez, c’est le moment de devenir des héros », surenchérit Thunder.

Nox ferma les yeux et se concentra sur l’image de Jugo qu’il avait en tête, avant de rouvrir les yeux à ses côtés. Le toit était complètement ravagé, et la masse noire qu’avait aperçue Nox depuis le bas du bâtiment avait disparu. Jugo le regarda, et la rage qui contaminait alors son visage s’envola aussitôt :

« Nox… Et les autres… Enfin… Vous avez mis du temps… »

« On prend la relève maintenant. Repose-toi, Jugo. Bravo, et merci pour tout. », répondit Nox.

Soudain, une voix se fit entendre :

« Tiens tiens, mais qui voilà donc. Notre cher reclus de la Brigade, avec ses multiples identités ! Pas trop déçu de la mort de tes anciens camarades, j’espère ? »

Vyper n’attendit pas de réponse de Nox, et pointa son doigt vers lui. Une boule noire apparut devant le visage de Nox, qui l’esquiva de justesse.

« Je t’ai eu quand même, abruti ! », s’écria Vyper.

Nox ferma les yeux, et les rouvrit. La boule noire avait disparu.

« Quoi ! Tu te fous de moi ? Prends ça ! », lança Vyper.

Une boule noire, beaucoup plus grosse que la précédente, jaillit de son doigt pour foncer vers Nox. Celui-ci ferma à nouveau les yeux, imagina la boule noire disparaître, et rouvrit les yeux.

« Tes attaques sont inutiles, désormais, Vyper. Ton heure est venue.

–          Que tu crois, microbe ! Vous êtes foutus, fais-toi une raison ! »

Vyper se concentra alors, et une gigantesque boule noire émana de la paume de sa main. Elle était plus grande encore que celle qu’avait vue Nox d’en bas, si bien qu’elle masquait la quasi-totalité du ciel.

« Tu vas mourir si tu forces trop sur ton pouvoir !, hurla Nox.

–          Parce que tu crois que ça ne m’est pas égal ? Tout le monde sera plongé dans l’Éternité, moi y compris ! Alors autant que ma mort serve à quelque chose !

–          Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi vouloir la Fin du Temps ? »

La boule noire grossissait encore à vue d’œil, alors que Vyper s’expliqua :

« Les humains ne sont bons qu’à s’entre-tuer ! Leur existence est courte et futile, et pourtant ils trouvent le moyen de la raccourcir, et de se rendre éphémères ! Tout cela n’a aucun sens ! L’Absolu réside dans l’Éternel ! Grâce à moi, l’Humanité perdurera à tout jamais !

–          Imbécile ! C’est justement dans l’éphémère que réside toute la beauté de l’Humanité ! Les choses n’ont pas à avoir un sens pour se permettre d’exister !

–          Je me fous… de ton avis ! »

L’attaque de Vyper était lancée. Un incroyable trou noir s’approchait de Nox.

« Même si je me concentre, je n’aurais jamais le temps de l’arrêter. C’est trop gros. »

–          Je vais t’aider. » C’était la voix de Narsus qui résonnait dans sa tête.

Tous apparurent près de lui, sous la forme de contours bleus.

« Tu vas utiliser mon pouvoir, qui permet de ralentir le temps sur un espace ou un phénomène ciblé. Et ta cible, ce sera ce trou noir. Tu cibles en tendant le bras. », expliqua Narsus.

« Je ne vois qu’un seul Futur possible, cette fois. » dit Cater d’un air enjoué.

« Si j’en crois mon pouvoir, dans un futur très proche nous serons en train de siroter un jus d’ananas bien frais. Allez ! », ajouta Thunder.

Tous formèrent un cercle autour de Nox, et posèrent leur main sur ses épaules et son dos.

« Au nom du Futur. »

Une puissante lumière blanche jaillit de la paume de main de Nox, qui visait le trou noir. L’approche du trou noir se fit plus lente, mais il continuait à gagner dangereusement du terrain.

Alors, Nox sentit une main supplémentaire se poser sur son dos. Une main plus chaleureuse, plus réelle. C’était la main de Jugo.

La lumière blanche redoubla d’intensité, et le trou noir ralentit au point de ne presque plus avancer. « Maintenant ! », pensa Nox. Il ferma les yeux, et se concentra.

Il visualisait parfaitement la boule géante arriver sur lui. Le bras tendu vers elle, il tentait de l’effacer de la réalité, mais cela lui demandait énormément d’énergie. Néanmoins, son effort n’était pas vain : l’attaque de Vyper s’effritait peu à peu, au fur et à mesure qu’elle s’approchait dangereusement.

« Allez, allez ! Disparais ! », s’exprima Nox intérieurement. A cette pensée, la voix de Vyper se fit entendre autour de lui.

« Tu crois pouvoir m’effacer comme on gomme un simple trait au crayon ? Même si tu me tues maintenant, mes efforts seront récompensés ! D’autres suivront mon idéologie, ils reprendront le flambeau, et toi et ta risible troupe finiront par comprendre ! Tu vas le regretter, mon cher ami. Cette erreur te collera à la peau tout au long de ta misérable vie !

–          Et alors… Sauver le monde, ça a toujours été mon boulot finalement ! Des gens comme toi, qui justifiaient leur idéologie perverse par un prétexte idiot, j’en ai arrêté des dizaines ! », rétorqua Nox alors que le trou noir n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres.

Le visage de Vyper apparut mentalement à Nox, ce qui lui glaça le sang. Il avait les yeux écarquillés, les yeux flambant d’une conviction absolue, et son discours se voulut très calme, à l’opposé de la terreur que Nox ressentait en le voyant prendre la parole :

« Grave bien mon visage dans ta petite tête, Nox, car je serais toujours là, quelque part, prêt à détruire tes rêves de bienfaiteur idéaliste. Désormais, Vyper sera une partie de toi, que tu le veuilles ou non. Et un jour, l’impression que je t’aurai laissée te rongera de l’intérieur. »

A ces mots, le visage de Vyper se craquela et se transforma en poussière, s’effaçant dans l’obscurité environnante, et son attaque perdit alors en intensité. Nox redoubla de concentration pour l’effacer peu à peu, mais tandis qu’il en voyait le bout, il perçut des fragments de l’attaque se diriger vers lui, et il ressentit une vive douleur se déclarer dans son bras. Pire encore, c’était comme si cette douleur s’infiltrait dans tout son corps onirique. Il poussa un hurlement de douleur, et rouvrit les yeux.

Le trou noir avait disparu : Nox en était venu à bout. Vyper se tenait devant lui, à quelques mètres, et semblait épuisé. Il sortit un couteau et s’élança vers Nox.

Ce dernier était exténué. Sa dernière action lui avait demandé énormément de ressources, et si Vyper l’attaquait physiquement dans cet état, il ne savait pas s’il y survivrait. Mais celui-ci arrivait bien trop vite pour que Nox l’esquive.

C’est alors que Jugo se précipita sous la lame. Une mare de sang se forma petit à petit à ses pieds. Nox poussa un cri de rage, et, dans un ultime effort, il ferma les yeux pour réduire à néant l’existence de Vyper une bonne fois pour toutes. Tout comme l’attaque qu’il avait lancé précédemment, Vyper s’effaça progressivement, et alors qu’il disparaissait de la réalité, il adressa un sourire à Nox en voyant ce dernier se tordre de douleur.

Nox sentit comme une impulsion en lui, une sorte de frisson empli d’émotions négatives. Lorsqu’il rouvrit les yeux, Vyper n’était plus, et avait été effacé comme le souhaitait Nox. Il vit alors son corps onirique se disloquer en poussière scintillante, et sentit que sa projection commençait à disparaître.

La dernière chose qu’il vit avant de s’évaporer fut Jugo, tombant au sol.

 

***

 

Ses yeux se rouvrirent aussitôt : il était dans la capsule de soin. Il toqua frénétiquement à la vitre, et Phill le fit évacuer.

« Fais sortir les autres, je dois m’occuper de Jugo ! »

Sans attendre de réponse, il fonça en direction du toit.

Jugo était là, gisant au sol, allongé sur le dos. En voyant Nox s’approcher, il eut un sourire.

« Nox… Tu vas bien, je suis content… J’avais peur qu’il te soit arrivé quelque chose…

–          Ne parle pas, imbécile ! On va te mettre dans une capsule de soin, et tu vas récupérer !, s’écria Nox.

–          Non… Désolé, mais cette fois, on dirait bien que c’est fini pour moi… Et je dois dire que ça aura pris son temps… J’ai enfin pu être utile à la Bad Dreams Justice…

Nox ne sût que répondre. Il écouta les dernières paroles de son ami, les larmes aux yeux.

« Il faut que tu me promettes… De prendre soin de Narsus… De veiller sur lui de loin… Tu me le promets, dis ? »

Nox acquiesça de la tête en pleurant.

« Il est temps pour moi… De me reposer… C’était bon de te connaître, Nox… Passe le bonjour à Cater et Thunder de ma part…

–          Tu n’as qu’à le faire toi-même, idiot ! », lâcha Nox en pleurant.

La réplique décrocha un sourire à Jugo, qui ne répondit pas.

Les autres arrivèrent sur le toit. Mais il était trop tard. Ils virent le corps sans vie de Jugo, dans les bras de Nox, assis par terre au milieu de ce qui était un champ de bataille quelques minutes plus tôt. Et alors qu’ils pleuraient la mort de leur ami, leur regard se leva vers le ciel, où le soleil se couchait à l’horizon.

 

***